En octobre 2005, il sort sur le marché français son deuxième album solo Un autre monde est possible qui est un vibrant plaidoyer pour des politiques plus humaines et une plus grande considération du tiers monde. Il vient de demontrer sons sens de l'intégration africaine en mettant sur le marché en 2007 un album Présidents d'Afrique regroupant les rappeurs africains et les voix des présidents après les indépendances. Il fait partie de l'incarnation plus récente de Positive Black Soul, PBS Radikal, avec Carlou D., Baay Sooley, El Hadj Cissoko, DJ Saf Niang et Thaïs, une Suissesse d'origine malienne.
Didier Awadi est sans conteste la figure la plus visible du rap africain francophone.
Lauréat du prix RFI Musiques du Monde en 2003, il a derrière lui un parcours sans faute de pionnier et de défricheur d’un genre musical qui est devenu, ces dernières années, le genre majeur pour la jeunesse d’Afrique et celle du monde.
Avec son groupe, Positive Black Soul, il a réalisé plusieurs albums à la qualité artistique sans faille, ouverts sur l’Europe et les Etats-Unis. A la fois artiste et entrepreneur (il est producteur artistique, animateur radio et télé, patron d’un studio et d’un label, ainsi que de sociétés de sonorisation et de sécurité …), Didier Awadi est le meilleur exemple imaginable de cette génération qui crée, entreprend et utilise à bon escient les possibilités technologiques du monde moderne aussi bien que les acquis culturels immémoriaux du continent père. Tout cela, il le met au service d’une musique toujours consciente, une musique de racines et de messages, à travers laquelle il s’adresse au monde, parce qu’il a des choses à lui dire.
Didier Awadi nait dans une famille d’instituteurs, d’un père béninois et d’une mère sénégalaise. Touché dés l’adolescence par le virus du hip hop, il devient DJ et rappeur vers le milieu des années 80, et commence à se faire un nom au sein de la balbutiante scène locale avec son premier groupe, le Didier Awadi’s Sindycate. Au même moment, un groupe concurrent, les Kings MC, menés par Amadou Barry, alias Doug E Tee, se posent en challengers. Awadi est issu du quartier « Amitié 2 », Doug E Tee du « Liberté 6 », et à l’instar des rappeurs de New York ou de Paris, c’est une mission vitale, l’essence même du rap, que de « représenter » pour son quartier d’origine. La rivalité entre les deux leaders et les deux groupes aboutis à une union, en 1989, quand Awadi, soucieux d’enterrer la « hache de guerre », invite Doug E Tee à sa soirée d’anniversaire.
Les deux rappeurs charismatiques de la scène dakaroise se découvrent une vibration commune, basée sur un profond respect pour les racines de leur culture et pour son histoire. Fascinés par le rap américain, ils veulent se donner les moyens de produire une musique d’une qualité équivalente en y infusant des éléments de leur culture africaine. Sur cette musique, ils veulent poser des messages forts, exprimer un rap militant, ancré dans leur propre réalité de jeunes Africains ouverts sur le monde et décomplexés par rapport à l’Occident.
Positive Black Soul est né, et renforce sa notoriété locale par le biais des concerts. En 1992, PBS enregistre un titre pour une compilation patronnée par le Centre Culturel Français, et s’y fait remarquer. MC Solaar, en villégiature à Dakar à cette époque, les invite à partager l’affiche avec lui lors de sa tournée française. Ils reviendront jouer en France plusieurs fois, mais chez eux, la situation économique du rap est inexistante, alors il leur faut attendre 1994 pour s’autoriser une première cassette auto produite, Boul Falé. Cette production renforce leur prééminence sur le rap africain francophone et leur ouvre les portes de collaborations avec Africa Fête et le chanteur Baaba Mall, qui les introduit auprès du label Mango Island. Signés sur un label international, ils peuvent tourner à travers toute l’Europe où leurs qualités scéniques les font remarquer. Ils sortent sur ce label un premier CD, Saalam, sur lequel ils reprennent quelques-uns des morceaux qui les ont fait connaître en Afrique, puisqu’ils les avaient publiés sur les nombreuses cassettes qu’ils avaient produites depuis Boul Falé. L’album montre l’étendue de leur inspiration, la ferveur de leur militantisme, et bénéficie d’un featuring de MC Solaar.
Dans les années qui suivent, Positive Black Soul imprime sa marque sur le rap international en tournant à travers l’Afrique et le monde ; ils chantent aussi bien à New York qu’a Johannesburg ou Paris. C’est au Midem de Cannes, en 1997, qu’ils rencontrent leur producteur, Van Gibbs, le père de Salam Remi, lui-même producteur des fameux Fugees. Les deux Américains mettent leur savoir-faire et leur studio new-yorkais à la disposition de PBS, qui enregistre l’album Run Cool, avec le renfort des Jamaïcains Red Rat et Ky Mani Marley (un fils de Bob) ou de la chanteuse franco – camerounaise Princesse Erik. Run Cool est distribué par la major WEA.
En 2003 sort, sur le label indépendant Night & Day, un album jusque-là disponible uniquement en cassette sur le marché sénégalais. New York – Paris – Dakar est en fait leur deuxième album, bloqué plusieurs années par Island pour des raisons contractuelles. Ils y ont invité K-mel, le rappeur d’alliance Ethnik, Manu Key de la Mafia K’1 Fry, et le « pape » du Hip Hop, le New Yorkais KRS One.
Après d’innombrables concerts et tournées tout autour de la planète, Didier Awadi et Doug E Tee décident de mettre une parenthèse temporaire à Positive Black Soul, le temps de se livrer à des exercices personnels.
Pour Didier Awadi, c’est un premier album solo, Parole d’honneur, qui sort en 2001 au Sénégal uniquement, qui se révèle une réussite artistique parfaite, où le rappeur montre son panafricanisme réfléchi, abordant une multitude de thèmes cruciaux comme la dette, le patrimoine dilapidé, ou les tensions politiques.
En fin 2004, AWADI est programmé avec son groupe pour prendre part au WOMEX en Allemagne.
Quelques mois après est prévue la sortie internationale de son nouvel album solo.
Cet album, signé en édition chez Sony Publishing, portera le nom de « Un Autre Monde Est Possible » car seul ou en groupe, Didier Awadi a encore des messages à adresser à la jeunesse qui l’écoute.
Une production d’une haute maturité où AWADI s’ouvre, une fois de plus, aux multiples sonorités musicales du Monde et le tout enroulé dans des textes intelligents pour un éveil massif des consciences afin que Tous ensemble nous soyons sûrs qu’UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE.